Reste (nom masculin, subst. masculin)


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Ce qui demeure d'un tout, d'une plus grande quantité; ce qui subsiste d'une chose passée. Il se dit tant au sens physique qu'au sens moral. "Voilà le de son argent, de son bien, de sa fortune, de ses livres. Payez-moi une partie de votre dette, je vous donnerai un délai pour le . Le , les s du dîner. Manger les s. Il y en a plus qu'il ne lui en faut, il y en a de . Restes d'un naufrage. Restes d'une famille, d'une nation. Ce sont de fâcheux s de sa grande maladie. Cette femme a un , des s de beauté. Elle a de beaux s. Un d'honnêteté, de dignité. J'emploierai le de ma vie à vous prouver ma reconnaissance. J'ai fait ce matin une grande partie de ma tâche, ce soir je ferai le . Le du jour. On n'aperçoit plus dans cette ville que de faibles s de sa grandeur passée. Voilà une pièce de vingt francs, payez-vous et rendez-moi le . Je n'ai pas le temps de vous en écrire davantage, le porteur de ma lettre vous dira le ." On dit à volonté : "Le des passagers a péri" ou "ont péri."
"Et le ." Mots qu'on ajoute en rapportant un passage qu'on abrège. On l'écrit le plus souvent : "Etc..." ("Et coetera").
"Les s d'une personne," Ce qui d'une personne après sa mort; son cadavre, ses ossements, ses cendres. "Voici le tombeau qui contient les s de ce grand homme."
"Le des hommes," Les autres hommes, les hommes d'une autre nation, les hommes d'un autre caractère, par opposition à Ceux dont on parle. "Les mauvais politiques croient devoir gouverner par d'autres maximes que le des hommes. Quelques sages ont cette opinion, le des hommes est d'un autre avis."
"Faire son ," Mettre au jeu tout l'argent qu'on a encore devant soi.
"Jouir de son ," Profiter des derniers temps où l'on est en possession d'un avantage qui va vous être retiré.
"Être en ," Devoir encore quelque chose sur une somme. "Il est encore en de tant." Il se dit aussi figurément. "C'est un homme prompt à la riposte et qui n'est jamais en . Il ne voulut pas demeurer en de générosité."
Fig. et fam., "Il ne demande pas son , il part sans demander son " se dit d'un Homme qui, ayant reçu ou craignant de recevoir quelque mauvais traitement de fait ou de paroles, se retire promptement sans rien dire. On dit dans le même sens : "Il n'a pas attendu son ."
RESTE se dit particulièrement, en termes d'Arithmétique, du Résultat que donne la soustraction et qu'on nomme autrement "Différence."
Il se dit encore, en termes d'Arithmétique, de Ce qui du dividende, quand il n'est pas divisé exactement par le diviseur.
RESTE désigne aussi Ce que quelqu'un a abandonné ou refusé. "Il n'a eu que mon , que mes s. Je ne veux pas de vos s."
Il se dit aussi d'une Petite quantité, d'une légère trace qui existe encore, qui persiste. "J'ai encore un d'espoir. Elle a gardé pour lui, malgré son abandon, un de tendresse."
DE RESTE, Plus qu'il n'est nécessaire pour ce dont il s'agit. "Il a de l'argent de pour fournir à cette dépense. Je vous entends de . Pour venir à bout de cette affaire, il a du courage, de l'esprit de . Vous avez bien de la bonté de ."
AU RESTE, DU RESTE, Au surplus, d'ailleurs, cependant, malgré cela. "Au , je vous dirai que... Il est capricieux, du il est honnête homme."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Ce qui demeure d'un tout, d'une quantité quelconque. Le de la journée. Je finirai ce soir le de ma tâche. Les s d'un festin.
SACI: « Ils mangeront, et il y en aura de »
SÉV.: « Je serais bien fâchée, ma chère enfant, d'être capable de faire ce que je fais pour avoir de l'argent de , je craindrais l'avarice qui est ma bête »
BOSSUET: « Le comble s'est abattu sur les murailles, et les murailles sur le fondement ; mais, qu'on remue ces ruines, on trouvera, dans les s de ce bâtiment renversé, et les traces des fondations, et l'idée du premier dessin, et la marque de l'architecte »
MAINTENON: « Je suis très sensible à tout ce qui se passe : c'est de quoi passer un de vie bien triste »
RAC.: « J'adorerais un dieu sans force et sans vertu, Reste d'un tronc par les vents abattu ! »
RAC.: « Tandis que dans son sein votre bras enfoncé Cherche un de sang que l'âge avait glacé »
VOLT.: « Les îles Canaries pourraient bien être des s de l'Atlantide »
J. J. ROUSS.: « Plus de la moitié de ma vie est écoulée ; je n'ai plus que le temps qu'il faut pour en mettre à profit le , et pour effacer mes erreurs par mes vertus »
DELILLE: « Il veut que par ses mains soient offerts à la reine Les s somptueux de la grandeur troyenne »
    Fig.
SÉV.: « Ses deux enfants [de Mme de la Fayette] sont hors de Paris.... tous ses s d'amis à Fontainebleau »
    Laisser de , laisser disponible.
BALZ.: « Le temps que la fièvre me laisse de est si court »
    Devoir du , demeurer redevable.
VOIT.: « Et quand vous m'auriez donné une fois la vie et avec elle tous les biens du monde, vous me devrez toujours beaucoup de , tant que vous ne m'aimerez pas »
SÉV.: « Voilà justement où je vous en demande une preuve [de votre amitié] ; voilà sur quoi je vous devrai du , si vous voulez bien, pour l'amour de moi, avoir beaucoup soin de vous »
    Il donne un sou à un pauvre, et demande son , se dit d'un avare.
    Fig. Il ne demande pas son , il s'en va sans demander son , il se retire promptement, sans mot dire, après avoir reçu ou craignant de recevoir quelque mauvais compliment ou traitement.
LESAGE: « Dès que j'eus la clef des champs, je ne demandai pas mon »
    On dit dans le même sens : il n'a pas attendu son .
    Être en , devoir encore quelque chose sur une somme.
D'ALEMB.: « Il [le roi de Prusse] m'a fait payer il y a un mois ma pension de 1758 ; vous voyez qu'il n'est en avec personne »
    Fig.
LESAGE: « La fille d'un maréchal de Domfront ne doit pas demeurer en de sottises »
LESAGE: « Je lui jetai les bras au cou et l'accablai de remercîments ; de son côté, il ne demeura point en de politesse avec moi »
VOLT.: « Il y a de la justice dans le monde ; et, pour peu que vous soyez poli, vous trouvez à coup sûr des gens fort polis qui ne sont pas en avec vous »
    Voici le de notre écu, de nos écus, se dit familièrement quand on voit venir dans une compagnie quelqu'un d'importun.
MOL.: « Mme Jourdain, apercevant Dorante et Dorimène : Voici justement le de notre écu ! je ne vois que chagrin de tous côtés »

 2   Absolument. Au plur. Ce qui d'un repas. Manger les s.

 3   Terme d'arithmétique. Résultat d'une soustraction, dit aussi excès ou différence.
    Il se dit aussi dans la division, quand on retranche les produits du diviseur par chaque chiffre du quotient, des dividendes partiels ou du dividende total. En 38 combien de fois 7 ? 5 fois, avec 3 pour .

 4   Terme de marine. Lieu du , lieu de la dernière décharge des marchandises lorsque le voyage est fini.

 5   Fig. Il se dit des choses que l'on compare à une quantité.
BALZ.: « S'il est arrivé que la république soit demeurée ferme sous telles puissances faibles, elle était peut-être obligée de son repos aux bons et solides fondements qui avaient été posés de longue main ; ce n'était pas tant un fruit du gouvernement présent que les s de l'heureuse conduite du passé »
LA FONT.: « Le sanglier, rappelant les s de sa vie, Vient à lui [archer], le découd, meurt vengé sur son corps »
SÉV.: « Ce saint [Augustin] avait une si grande capacité d'aimer, qu'après avoir aimé Dieu de tout son coeur, il trouvait encore des s pour aimer Paulin »
BOSSUET: « Tout devint pauvre dans sa maison et dans sa personne ; elle voyait disparaître avec une sensible joie les s des pompes du monde »
BOSSUET: « Que je méprise ces philosophes qui, mesurant les conseils de Dieu à leur pensée, ne le font auteur que d'un certain ordre général, d'où le se développe comme il peut ! »
BOSSUET: « Il fallait un homme qui.... sût se conserver de la créance dans tous les partis, et ménager les s de l'autorité »
RAC.: « Le croirai-je, seigneur, qu'un de tendresse Vous fasse ici chercher une triste princesse ? »
RAC.: « Je tremble qu'Athalie.... N'achève enfin sur vous ses vengeances funestes, Et d'un respect forcé ne dépouille les s »
MASS.: « Et n'êtes-vous pas trop heureux que le Seigneur, toujours bon et miséricordieux, veuille bien accepter les s languissants de vos passions et de votre vie ? »
CONDIL.: « Il s'était formé une secte d'hommes austères et rigides, qui voyait avec indignation dans l'église d'Angleterre un de la hiérarchie et des cérémonies de la religion romaine que la reine Élisabeth y avait conservées »
LAMART.: « Et tu veux qu'éveillant encore Des feux sous la cendre couverts, Mon d'âme s'évapore En accents perdus dans les airs ? »

 6   Il se dit de ce qu'une personne conserve de sa première apparence.
SÉV.: « On veut ménager des s de beauté ; cette économie ruine plutôt qu'elle n'enrichit »
VOLT.: « C'était une dame d'environ trois cents années ; mais elle avait encore de beaux s ; et on voyait bien que vers les deux cent trente à quarante elle avait été charmante »
DUCLOS: « Une femme d'environ quarante ans, qui avait encore des s de beauté, sans avoir jamais eu d'agréments »
GENLIS: « Mme Roger : J'étais tout de même en ma jeunesse. - Lisette : Mais vous en avez encore de beaux s »
    Ce n'est plus qu'un , un beau , se dit d'un homme ou d'une femme qui a eu de la beauté, mais qui a vieilli.
    Des s d'hommes, des hommes vieillis ou mutilés.
BOSSUET: « Et vous.... pauvres honteux, malades, impotents, estropiés, s d'hommes, pour parler avec saint Grégoire de Naziance »
GILB.: « Mais que vois-je ? où vont-ils ces fils de la victoire, Ces guerriers mutilés, chargés d'ans et de gloire, Restes d'hommes, jadis l'effroi de nos rivaux ? »
    Un de lui-même, se dit d'une personne qui a perdu ce qu'elle avait de bien au physique ou au moral.
BOSSUET: « Qu'est-ce que l'homme ? ... est-ce une énigme inexplicable, ou bien n'est-ce pas plutôt, si je puis parler de la sorte, un de lui-même ? »
BARTHÉL.: « Ceux qui ne succombaient pas à la maladie [la peste d'Athènes] n'en étaient presque jamais atteints une seconde fois ; faible consolation ! car ils n'offraient plus aux yeux que les s infortunés d'eux-mêmes »
    Un de cheval, un cheval à qui le temps a ôté de sa vigueur et de sa beauté, mais qui en conserve encore.

 7   Ce qui d'une nation, d'une troupe, d'une famille.
SACI: « Pour perdre et exterminer entièrement toutes les troupes d'Israël et les s de Jérusalem »
BOSSUET: « On ne voit plus aucun ni des anciens Assyriens, ni des anciens Mèdes, ni des anciens Perses, ni des anciens Grecs, ni même des anciens Romains »
BOILEAU: « C'est une précieuse, Reste de ces esprits jadis si renommés, Que d'un coup de son art Molière a diffamés »
RAC.: « Que feriez-vous de plus, si des rois vos aïeux Ce jeune enfant était un précieux ? »
RAC.: « Reste impur des brigands dont j'ai purgé la terre »
RAC.: « Il est du sang d'Hector, mais il en est le ; Et pour ce enfin, j'ai moi-même, en un jour, Sacrifié mon sang, ma haine, mon amour »
SÉGUR: « Napoléon, soulevant sa tête, fit tomber toute cette fougue [de Murat], en disant que c'était assez de témérités, qu'on n'avait que trop fait pour la gloire, qu'il était temps de ne plus songer qu'à sauver les s de l'armée »

 8   Ce qui était encore à faire, à dire. Je n'ai pas le temps de vous en écrire davantage ; le porteur vous dira le .
BOILEAU: « Le chantre, s'arrêtant à cet endroit funeste, à ses yeux effrayés laisse dire le »
RAC.: « Viens m'engager ta foi, le temps fera le »
VOLT.: « Elle [Clytemnestre] règne avec lui [Égisthe] ; l'univers sait le »
DELILLE: « Le monde apprit sa fin, la tombe sait le »
    Et le , formule qui annonce qu'on abrége une énumération. un récit, une citation.
LA FONT.: « Hélas ! dirai-je, il pleut : Mon frère a-t-il tout ce qu'il veut, Bon souper, bon gîte et le ? »
MOL.: « Je ne manque point de livres qui m'auraient fourni tout ce qu'on peut dire de savant sur la tragédie et la comédie, l'étymologie de toutes deux, leur origine, leur définition, et le »
    Fig. Le porteur vous dira le , phrase dont on se sert pour se moquer d'une lettre qu'on a faite beaucoup trop longue.

 9   S. m. pl. Dépouille mortelle de l'homme. Ses s glacés. Ce tombeau contient ses s.
BOSSUET: « Tant il est vrai que tout meurt en lui, jusqu'à ces termes funèbres par lesquels on exprimait ses malheureux s »
    Il se dit aussi au singulier, en poésie.
CORN.: « Ô vous, à ma douleur objet terrible et tendre, Éternel entretien de haine et de pitié, Reste du grand Pompée, écoutez sa moitié »
CORN.: « Je jure donc par vous, ô pitoyable , Ma divinité seule après ce coup funeste.... De n'éteindre jamais l'ardeur de le venger »

 10   Le signifie les autres, par rapport aux objets dont on parle.
CORN.: « Les Macédoniens aiment le monarchique, Et le des Grecs la liberté publique »
CORN.: « Le [des conspirateurs avec Cinna] ne vaut pas l'honneur d'être nommé »
PASC.: « Hors ceux-là [les termes primitifs], le des termes qu'elle [la géométrie] emploie y sont tellement éclaircis et définis, qu'on n'a pas besoin de dictionnaire pour en entendre aucun »
BOSSUET: « Quand on voit dans l'Évangile la brebis perdue préférée par le bon pasteur à tout le du troupeau »
BOSSUET: « Il [Dieu] les épargne si peu [les princes], qu'il ne craint pas de les sacrifier à l'instruction du des hommes »

 11   Ce que quelqu'un a refusé ou abandonné. Il n'a eu que vos s, que votre .
TH. CORN.: « Et beaucoup, attrapés par un maintien modeste, Pensent prendre en plein drap, qui n'achètent qu'un »
    Les s d'un rival, en parlant de rivalité d'amour, une femme qui a appartenu à un autre homme.
CORN.: « Dans l'âme il hait Félix et dédaigne Pauline, Et, s'il l'aima jadis, il estime aujourd'hui Les s d'un rival trop indignes de lui »
    Fig. C'est un de gibet, il a mérité d'être pendu, c'est un coquin.
    Un d'esclavage, un ancien esclave.
CORN.: « Du moins de votre gloire ayez un soin égal, Et ne me préférez qu'un illustre rival ; J'en mourrai de douleur ; mais je mourrais de rage, Si vous me préfériez un d'esclavage »

 12   Terme de jeu. Faire son , mettre au jeu tout l'argent qu'on a encore devant soi.
    Fig. Jouer de son , employer ses dernières ressources, hasarder tout.
HAUTEROCHE: « S'attaquer aux esprits, c'est jouer de son »
SCARR.: « Ce que voyant messer Sergeste, Il voulut jouer de son »
SÉV.: « Je m'en vais d'Orléans jouer de mon , et me mêler de vous dire encore des nouvelles »
DANCOURT: « Courage, courage, monsieur Serrefort ; vous faites bien de jouer de votre »
    Il se dit aussi de celui qui, n'ayant plus que peu de temps à r dans une place, en remplit négligemment les fonctions. Il joue de son .
    Au jeu du quinze, être de , perdre son enjeu.
HAMILT.: « Ils ne cavaient d'abord que trois ou quatre pistoles, comme pour badiner ; mais Caméran ayant été trois ou quatre fois de , il cava au plus fort, et le jeu devint sérieux ; il fut encore de , et il devint orageux, les cartes volèrent par la chambre »

 13   Terme de jeu de paume, de volant. Donner le à quelqu'un, lui pousser la balle, le volant, de telle sorte qu'il ne puisse le renvoyer. Je lui ai donné son .
    Fig. Familièrement. Donner son à quelqu'un, le battre, le corriger. Il ne fera plus le tapageur, on lui a donné son .
    Il signifie aussi : l'emporter en quelque chose. Je viens de lire Bérénice ; vous m'aviez préparé à tant de tendresse, que je n'en ai pas tant trouvé ; du temps que je me mêlais d'en avoir, il me souvient que j'eusse donné là-dessus le à Bérénice, Lettre de Bussy, citée dans BAYLE, Dict. art. Bérénice.
MOL.: « Vous avez beau raisonner ; monsieur est frais émoulu du collége, et il vous donnera toujours votre »
GHERARDI: « C'est un homme qui a un nez au visage, et qui vous a diablement donné votre »

 14   De , loc. adv. Plus qu'il n'est nécessaire pour ce dont il s'agit.
HAUTEROCHE: « J'étais dans ce tracas embarrassé de »
MOL.: « La maison à présent, comme savez de , Au bon monsieur Tartuffe appartient sans conteste »
SÉV.: « Deux jours de repos me donneront de la force de »
HAMILT.: « Il faut de l'esprit de , pour en vouloir fourrer partout, comme tu prétends faire »
LAMOTTE: « Eh oui vraiment, tu es servante, je suis valet, nous nous connaissons de »
PIRON: « Je ne le crois pas riche. - Hé bien ! j'en ai de »
    On dit aussi, familièrement : que de . Avez-vous encore de la besogne ? Que de .
VADÉ: « Vous trouverez que de de quoi vous en dédommager »

 15   Au , du , loc. adv. Au surplus, d'ailleurs, cependant.
VOIT.: « Ç'a été au un grand bonheur pour moi de n'avoir vu ce témoignage de son esprit qu'en un temps où j'en ai un autre de sa civilité »
BOILEAU: « Il [Hypéride] a beaucoup de plaisant et de comique, et est tout plein de jeux et de certaines pointes d'esprit qui frappent toujours où il vise ; au il assaisonne toutes ces choses d'un tour et d'une grâce inimitable »
RAC.: « Du il n'a rien fait que par votre conseil »

 16   Au , dans le sens de : parlons d'autre chose.
CORN.: « N'en parlons plus ; au , on a vu dix vaisseaux De nos vieux ennemis arborer les drapeaux Cette formule de transition est blâmée par Voltaire dans son Commentaire. »

REMARQUE
    1. Le suivi d'un nom au pluriel se construit avec le verbe au singulier ou au pluriel, suivant l'idée : Le des naufragés a péri ou ont péri.
MASS.: « Puis-je vivre dans la mollesse et dans l'inutilité.... tandis que le des hommes ont chacun une occupation dans la société ? »
    2. Reste a été des deux genres. Au commencement du XVIIe siècle, les grammairiens le disaient masculin excepté dans cette phrase qui n'est plus usitée : à toute .

SYNONYME
    AU RESTE, DU RESTE. Ces locutions sont très voisines, et, dans beaucoup de cas, elles se confondent. Dans cette phrase : Je vous ai dit ce que je pensais de cette affaire ; du consultez des personnes plus habiles que moi, on dira aussi bien au . Mais, quand le sens exige plutôt d'ailleurs que après tout, du est préférable à au : Cet homme est bizarre, emporté, du brave et intrépide ; mais non pas au .

HISTORIQUE
    XVème siècle
BASSELIN: « S'il donnoit, aux jours de feste, à deux povres un denier, Ce n'estoit sans reschigner, Encor demandoit son »
COMM.: « Toute la de villes »
    XVIème siècle
AMYOT: « Ce qui fut cause que tout le de ses serviteurs et amis l'abandonna »
AMYOT: « Tout le de sa vie »
AMYOT: « Et au , ceste bonne encontre ne servit pas seulement pour le present, ains fut aussi utile à l'advenir »
RAB.: « Vous aurez le de l'histoire à ces foires de Francfort prochainement venantes »
RAB.: « Homme docte, expert, joyeulx on , bon compaignon, et raillard si oncques en feut »
RAB.: « Il avoyt parmy la teste et le du cors autant d'aureilles comme jadyz eut Argus de yeulx : on estoit aveugle »
MONT.: « Et ainsi du »
MONT.: « Le de la France prend pour regle la regle de la court »
MONT.: « Tant qu'il y a un doigt d'esperance de »
CALV.: « Tant que nous vivrons enfermez en ceste prison de nostre corps, les s et reliques du peché habiteront en nous »
D'AUB.: « À l'escart lui estant venu encor un roy, il fit son , disant : fils de putain qui ne le tiendra pas, tout fut tenu, et.... »
D'AUB.: « Le de ses actions paroistront en leur endroit »
D'AUB.: « Le se sauva dans les fossez de la ville »
D'AUB.: « Un soir, jouant à la prime, le roi aiant cinquante-cinq fit sa qui estoit de quatre mille pistoles, il la tint.... »
PARÉ: « Celui qui attaque les opinions reçues ressemble au hibou, lequel se monstrant.... tous les autres oiseaux le viennent becqueter et courir sus à toute »

ÉTYMOLOGIE
    Voy. RESTER ; wallon, rest ; prov. et ital. resta, pause, repos. L'allem. rast, l'angl. rest, repos, ne paraissent être pour rien dans la formation du mot roman.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE RESTE. Ajoutez :

 17   Terme judiciaire. Reste de droit, dernière condition juridique qu'on a en sa faveur.
LE ROYER: « Je vais maintenant vous faire, permettez-moi d'employer une expression judiciaire, de droit ; je vais me placer sur ce terrain d'admettre hypothétiquement comme vrais et fondés tous les griefs qui ont été articulés... »


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Ce qui demeure d'un tout, d'une plus grande quantité. Il se dit tant au sens physique qu'au sens moral. "Voilà le de son argent, de son bien, de sa fortune, de ses livres. Payez-moi une partie de la dette, je vous donnerai du temps pour le . Le du dîner. Les s du festin. Emporter les s. On ne leur servit que les s. Il n'y a que cela de . Il y en a plus qu'il ne lui en faut, il y en a de . Restes d'un naufrage. Restes d'une famille, d'une nation. Ce sont de fâcheux s de sa grande maladie. Cette femme a un de beauté, des s de beauté. Elle avait encore un de pudeur. On ne trouve en lui aucun d'humanité, d'honnêteté. J'emploierai le de ma vie à vous prouver ma reconnaissance. Quand il a travaillé le matin, il emploie le de la journée à se divertir. J'ai fait ce matin une grande partie de ma tâche, ce soir je ferai le . Voilà tout ce que j'ai retenu de son discours, j'ai oublié le . On n'aperçoit plus dans cette ville que de faibles s de sa grandeur passée. Voilà une pièce de cinq francs, payez-vous, et rendez-moi le , mon . Il a joué son sur une carte. Il y va de mon . Je n'ai pas le temps de vous en dire davantage, le porteur vous dira le ."
Prov., "Le porteur vous dira le ." Phrase dont on se sert ironiquement, et pour se moquer d'une lettre qui est beaucoup trop longue.
"Et le ." Mots qu'on ajoute en rapportant un passage qu'on abrége.
Dans le style soutenu, "Les s d'une personne," Ce qui d'une personne après sa mort; son cadavre, ses ossements, ses cendres. "Voici le tombeau qui contient les s de ce grand homme. Ses s glacés, inanimés."
"Ce n'est plus qu'un , un beau ," se dit D'un homme ou d'une femme qui a eu de la beauté, mais qui a vieilli.
"Un de cheval." Un cheval à qui le temps a ôté de sa beauté et de ses forces, mais qui en conserve encore.
"Le des hommes," Les autres hommes, les hommes d'une autre nation, les hommes d'un autre caractère, par opposition à Ceux dont on parle. "Les mauvais politiques croient devoir se gouverner par d'autres maximes que le des hommes. Quelques sages ont cette opinion, le des hommes est d'un autre avis."
Prov. et fig., "Voici le de notre écu, de nos écus," se dit, en plaisantant, D'une personne qu'on voit arriver dans une compagnie.
"Faire son ," Mettre au jeu tout l'argent qu'on a encore devant soi.
Prov. et fig., "Jouer de son ," Hasarder tout ce qu'on a de , faire ses derniers efforts, employer ses dernières ressources. On dit aussi De quelqu'un qui remplit mal une place dans laquelle il n'a plus que peu de temps à demeurer, "Il joue de son ."
Aux Jeux de la paume, du volant, etc., "Donner le à quelqu'un," Lui pousser la balle, le volant de telle sorte qu'il ne puisse le renvoyer. "Je lui ai donné son ."
Fig. et fam., "Je lui ai donné son ," Je l'ai corrigé, je l'ai battu. "Il ne fera plus le tapageur, je lui ai donné son ." Cette phrase signifie aussi, Je lui ai reparti de telle sorte qu'il a été réduit au silence. "Après plusieurs plaisanteries de part et d'autre, je lui ai donné son ."
Fig. et fam., "Il ne demande pas son , il s'en va sans demander son ," se dit D'un homme qui, ayant reçu ou craignant de recevoir quelque mauvais traitement de fait ou de paroles, se retire promptement sans rien dire. On dit dans le même sens, "Il n'a pas attendu son ."
"Être en ," Devoir encore une partie d'une plus grande somme. "Il est encore en de tant." Il se dit aussi figurément. "Je suis encore en avec vous des bons offices que vous m'avez rendus. C'est un homme prompt à la riposte, et qui n'est jamais en . Il ne voulut pas demeurer en de générosité."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit particulièrement, en Arithmétique, Du résultat que donne la soustraction, et qu'on nomme autrement "Excès" ou "Différence."
Il se dit également de Ce qui d'une somme, quand on l'a divisée par une autre.



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Ce que quelqu'un a abandonné ou refusé. "Il n'a eu que mon , que mes s."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

RESTER, v. n. ["Rèste", "té": 1re "è" moyen, 2e "e" muet au 1er, "é" fer. au 2d.] "Reste" est, 1°. ce qui demeure d'un tout. '"Le de" son argent, "de" son bien, "de" sa fortune, "de" ses livres. '"Le du" diner, ou simplement, "les s".
   Des Hébreux égarés dans des sables funestes,
   La soif, la faim, la mort suivoient "les" tristes "restes".
   Il entendit leurs cris, il conduisit leurs pas.
       "Le Franc".

- 2°. Ce que quelqu'un a abandoné ou refusé. 'Il n'a eu que "mon ", ou "mes s.." On le dit le plus souvent au pluriel.
- 3°. On dit, dans le 1er sens: "les s d'un" homme illustre, ses cendres. = "Le des hommes", les aûtres hommes. = "Être en ", devoir encôre une partie d'une plus grande somme: 'Il "est en de" tant.
- "Fig." 'Je "suis en avec" vous "des" bons ofices que vous m'avez rendus. = Et, proverbialement, "jouer de son ", faire ses derniers éforts, employer ses dernières ressources.
- "Doner à" quelqu'un "son ", lui repartir de telle sorte qu'il n'ait plus rien à répliquer.
- "Il ne demande pas son ", il se retire promptement sans rien dire, craignant quelque chôse de pis.
- 4°. "De ", adv. Plus qu'il n'est nécessaire. Avoir de l'argent "de :" je vous entends "de ". 'Pour venir à bout de cette afaire, il a de l'esprit, du courage "de ". 'J'ai paru vous éviter; vous "savez de " quelle en est la raison. "Créb. F." = "En devoir de ": être en . Il se dit sur-tout au figuré: 'Brutus croit que je "lui en dois de ", parce qu'il m'apelle un très-bon Consul. Un ennemi pourroit-il me donner une plus maigre louange? "Cicéron" à "Atticus". MONGAULT. V. DEVOIR. "R." 3°.
- 5°. "Au ", "du ", conjonction. Au surplus, malgré cela. '"Au ", je vous dirai que, etc. 'Il est capricieux":" "du ", il est honête homme. Voy. plus bâs, VII.
   "Rem." I. Suivant Ménage, "reste" est "fém." Dans cette expression, "à toute ", mais l'"Acad." ne la raporte pas; et si elle a été aûtrefois d'usage, elle est aujourd'hui inusitée. = II. Le P. "Sicard" traite "le " comme "la plupart", et lui done la vertu d'un pluriel. '"Le des" Égyptiens "l'ignorent" entièrement; mais "la plupart" et quelques aûtres collectifs ont seuls ce privilège: "le " ne l'a pas: il falait dire, "l'ignôre".
- La règle des collectifs peut paraître favorable au P. "Sicard"; mais il me semble que l'usage y est contraire. Voy. COLLECTIF. = III. On peut dire du dernier rejeton d'une illustre famille, qu'il "est le d'un sang illustre", et non pas qu'il "en fait le ". Le verbe "faire" ne va pas bien là, et je le vois avec peine dans ces vers de "Racine":
   La plus sainte des lois, Ah: c'est de vous sauver,
   Et d'arracher, Seigneur, d'une mort manifeste,
   Le sang des Ottomans "dont vous faites" le .
       Bajazet.
"Dont vous êtes le " est, à la vérité, prosaïque; et c'est peut-être la raison pourquoi "Racine" a préféré l'aûtre manière. = IV. Plusieurs disent, "devoir du ", "demeurer en ", pour "être en ": l'"Acad." ne met que celui-ci, et il est le plus usité; mais je pense qu'on peut aussi employer les aûtres, du moins au figuré. 'Voilà sur quoi je "vous devrai du ", si vous voulez bien, pour l'amour de moi, avoir beaucoup de soin de vous. "Sév." 'Il ne voulait point "demeurer en avec" les Turcs sur ce point-là. "Ducerc." Hist. de Perse. Il me parait que "demeurer en " est moins trivial que, "être en ". = V. "* Jeux de ", pour, "jeux de hazard", est un gasconisme, comun dans toutes les Provinces méridionales. = VI. "Avoir de beaux" s se dit, ironiquement et en mauvaise part, de quelqu' un qui se croit corrigé d'un vice. 'Cela pâssera: moi, j' étois tout de même (parleuse impitoyable) dans ma jeunesse.
- Mais vous "en avez encôre de beaux s". Th. d'Éduc. = VII. "Au " et "du " s'emploient assez infidéremment par la pluaprt des Écrivains: cependant ils n'ont pas le même sens. Le premier enchérit sur ce qu'on a dit, et a le sens de "outre cela;" le second signifie presque la même chôse que "à cela prês", et emporte toujours oposition. 'Cette poursuite ne peut se faire qu'à grands frais: "au " elle a peu de bien, huit enfans et beaucoup d'afaires. 'Il était colère, bizarre, emporté; "du ", homme d'honeur et bon ami. "Bouh." Rem. Nouv.
- "Au " peut se mettre aprês quelques mots de la période: 'Je dois vous dire "au ", etc. "Du " se met toujours le premier. '"Du " ne croyez pas que, etc. = Quand il est ainsi à la tête de la période, il signifie "dâilleurs".
   RESTER, c'est 1°. Être de . 'Voilà ce qui " du" dîner. 'C'est-là tout ce qui " de" son bien; tout ce qui "lui ". = "Verb. impers." Il régit le datif de la persone et l'acusatif de la chôse, ou la prép. "à" et l'infinitif. '"Il" ne "lui " que "l'espérance". '"Que me -t-il à faire?" "Il me " mille pages "à transcrire", etc.
- 2°. "Demeurer" aprês que les aûtres sont partis. 'Il "est resté" tout seul "à" la maison. 'Il "resta" encôre quelque tems "à" Rome aprês notre départ. '"Il resta" deux Bataillons pour garder le défilé. = 3°. En termes de Marine, être situé. 'Cette Île "nous restoit au" Sud-ouest.
   "Rem." I. "Vaugelas" condamnait l'usage de ce mot dans le sens de "demeurer"; mais l'"Acad." l'aprouvait pour la conversation. Dans ce sens, il prenait l'auxil. "avoir"; il "a resté" long-tems "à" Rome. Elle ne le dit plus dans la dern. édit. et ne l'admet que pour "demeurer au delà du tems prescrit". = Les Normans disent "rester" pour "demeurer"; les Gascons le disent aussi dans ce sens, et même pour "loger": 'Où "restez-"vous? "Je à" telle rûe, "chez" M. un tel, etc. "Gasc. corr." = II. Quand "rester" signifie "être le de", ou "persister", et quand il ne régit que le datif, il prend l'auxiliaire "être". 'Il n'y a eu que deux douanes, qui "soient restées" sur pied. 'Je fus deux mois dans cet embarras, et j'"y serois resté" plus long-tems, si, etc. 'Elle doneroit pour vous sa vie, le seul bien qui "lui soit resté". Marm. 'Les apointemens et les pensions "sont restés" les mêmes, et le prix des denrées est monté à plus du double. "Volt." Quand il est impersonel, ayant le régime direct, il prend "avoir" pour auxiliaire: "il" ne "lui a resté" que "l'espérance" de réparer bientôt ses pertes. Plusieurs veulent que dans cette phrâse, qui revient rarement dans le discours, il faille dire, "il ne lui est resté que l'espérance"; et je crois qu'ils ont raison. Car, à le bien envisager, "l'espérance" n'est pas à l'acusatif, mais au nominatif: c'est comme si l'on disait, "l'espérance" seule "lui est restée". Ainsi, le prétexte d'employer l'auxiliaire "avoir", à cause du régime direct ou de l'acusatif, n'a point de fondement réel. = "Voltaire" fait régir à ce verbe, quand il est impersonel, la prép. "de" et l'infinitif. 'Après la prise de Namur, "il restait de dissiper" ou "de battre" l'Armée des Alliés. "Siècle de Louis XV". Je n'ai vu, qu'il me souviène, ce régime employé aûtre part qu'en cet endroit, mais je n'ôserais le condamner. = III. On suprime quelquefois le pronom "il", et alors "rester" se met à la tête de la phrâse. '"Restoient" les Vénitiens, gens plus dificiles à amuser, ou à satisfaire. "d'Avr."
- Il régit "que" avec l'indicatif, ou la prép. "à" et l'infinitif. '"Reste" donc "que" les États, qui forment le cercle de la vie civile, "sont" l'ouvrage de Dieu même. L'Ab. "Poulle". '"Reste à savoir" si, etc. "* Bourdaloue" met la prép. "de". '"Reste donc de conclure" que, etc. "À~ conclure" aurait mieux valu. Au , ce tour n'est pas du beau style. = IV. M. l'Ab. "Royou" et M. "Salaun" font régir à "rester" l'infinitif sans préposition. 'Isaure lui témoigne qu'elle aimerait mieux qu'il "restât" lui "répéter" a elle même ces mots, dont le charme l'attendrit. "Roy." 'Edgard et Helmonde "restent" encôre quelque tems "faire" la conversation sous l'orage. "Salaun". Il y a peu d'exemples d'un pareil régime. = V. "En r là", pour, "en demeurer là", frise le gasconisme. 'Je lui céderois la moitié de mon douaire, à condition que le procês "en restât là". Miss Bidulph. = VI. "Rester" pour "tarder", et "ne pas r de", pour, "ne pas laisser de faire" sont des provençalismes. * 'Vous "avez bien resté"! 'Si vous "restez" plus longtems "de" le "faire", vous n'y serez plus à tems. * '"Je ne rai pas de" le "faire", ou "que de" le "faire", etc.




Emplacement dans le dictionnaire :

ressortissant
ressource
ressusciter
restant
restaurant
restaurateur
restauration
restauré
restaurer

resté
rester
restitué
restituer
restitution
restouper
restraint
restreindre
restreint
restreinte
restrictif




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Jean MORÉAS (Les Stances)

...une cime plaintive. Hélas ! N'as-tu point vu ta plus chère amitié etaler à tes yeux la face du vulgaire ? Tu ne sais pas languir et souffrir à moitié : quand tu reprends ton coeur, c'est qu'il n'en reste guère. Que ce soit dans la ville ou près des flots amers, au fond de la forêt ou sur le mont sinistre, va, pars et meurs tout seul en récitant des vers : ce sont troupeaux encor les cygnes du...


Citation n°2 de Pierre LOTI (Le Mariage de Loti : Rarahu)

...Aussi sont-ils tatoués avec un soin et un art infini ; -mais, par une fantaisie bizarre, ces dessins sont localisés sur une seule moitié du corps, droite ou gauche, -tandis que l'autre moitié reste blanche, ou peu s'en faut. Des bandes d'un bleu sombre qui traversent leur visage, leur donnent un grand air de sauvagerie, en faisant étrangement ressortir le blanc des yeux et l'émail poli des...


Citation n°3 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...et se faire bien expliquer ce que c'était que la lune. Après, il reviendrait le leur apprendre à tous. Nul doute, en effet, que je ne fusse très au courant des choses de la lune comme de tout le reste. D'abord on m'avait souvent vu occupé à la regarder marcher à travers un instrument de cuivre en compagnie d'un timonier qui me comptait tout haut, d'une voix monotone d'horloge, les minutes et les...


Citation n°4 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...et elle lui souriait, elle aussi, d'une façon particulière, sans jamais dire un mot de reproche ; et c'était la fin de l'épreuve. Une fois, elle osa lui demander très doucement : -au moins, ne reste pas trois jours à bouder après, quand c'est passé. Et lui, encore plus bas, avec un demi-sourire très naïf, la regardant de côté, tout confus : -ne pas rester trois jours à bouder, tu dis ? Dame,...


Citation n°5 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...bout, et compris même au delà, dans ces dessous profonds que les mots n'expriment pas. Peut-être comprendront-ils aussi, mes amis inconnus, qui me suivent avec une bonne sympathie lointaine. Et du reste tous les hommes qui chérissent ou qui ont chéri leur mère, ne souriront pas des choses enfantines que je viens de dire, j'en suis très sûr. Mais, pour tant d'autres auxquels un pareil amour est...


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